Drame sur la nationale Mamou-Dabola : des blessés abandonnés pendant des heures après un accident

Les faits et les premières réactions

Un terrible accident de la route a endeuillé la nationale Mamou-Dabola ce dimanche 15 juin 2025, à hauteur de Timbo. Un camion de transport de marchandises est entré en collision frontale avec un minibus de transport en commun. Le choc a été d’une rare violence, provoquant d’importants dégâts matériels et de nombreux blessés, dont plusieurs femmes et enfants.

D’après des témoins oculaires, le minibus, en provenance de Mamou et à destination de Kankan, était bondé de passagers. Le camion, quant à lui, roulait à vive allure en sens inverse lorsqu’il aurait tenté un dépassement dangereux dans un virage mal négocié. La collision était inévitable.

Le bilan humain reste provisoire, mais on dénombre au moins une vingtaine de blessés, certains dans un état critique. Aucun décès n’a été officiellement confirmé au moment de la rédaction de cet article, mais les témoins évoquent des scènes de grande détresse, des passagers coincés dans l’habitacle, ensanglantés, et des cris déchirants.

L’absence d’assistance médicale, une situation alarmante

Ce qui rend ce drame encore plus insupportable, c’est l’absence prolongée d’assistance médicale. Les blessés sont restés plusieurs heures sans secours, gisant sur le bord de la route, exposés aux intempéries, à la douleur et à l’angoisse. Les secours, pourtant alertés rapidement selon plusieurs témoins, ont mis un temps jugé inacceptable à arriver sur les lieux.

« Les gens pleuraient, criaient. Des enfants étaient là, en sang, sans que personne ne puisse leur venir en aide. Nous avons tout tenté, mais nous n’avions rien pour les soigner », raconte un habitant de Timbo, arrivé sur les lieux peu après l’accident.

Cette situation met en lumière les graves lacunes du système d’intervention d’urgence dans cette zone. L’éloignement des structures hospitalières, le manque de moyens des sapeurs-pompiers et des ambulances, ainsi que l’absence d’un système de premiers secours organisé contribuent à aggraver les conséquences des accidents.

 Appel aux autorités et perspectives

Ce drame relance la question de la sécurité routière en Guinée, notamment sur les axes interurbains où les accidents sont fréquents et souvent meurtriers. La nationale Mamou-Dabola, pourtant essentielle à la circulation entre Conakry et les régions de la Haute-Guinée, reste mal entretenue, mal surveillée, et peu équipée en infrastructures de secours.

Des voix s’élèvent aujourd’hui pour demander des mesures urgentes : la mise en place de postes de secours d’urgence sur les grands axes, la dotation des zones rurales en ambulances et en matériel de premiers soins, ainsi qu’un meilleur contrôle des véhicules de transport.

Les autorités locales et nationales sont interpellées. Ce drame ne doit pas être un de plus sur la liste. Il doit être un signal d’alarme. Il y va de la vie de milliers de Guinéens qui empruntent chaque jour ces routes.

M Bachir Baldé Pour C24news.info