Oubliés de la Fonction Publique : Les Stagiaires du Journal Horoyah Rompent le Silence”

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 Le cri d’alarme des stagiaires du journal Horoyah

Conakry, 07 juillet 2025 — Une vague d’indignation secoue la rédaction du journal Horoyah. Ses jeunes stagiaires, formés depuis plusieurs années dans l’espoir d’une intégration à la fonction publique, dénoncent aujourd’hui leur marginalisation dans les processus en cours. Face à ce qu’ils qualifient de « mépris institutionnalisé », ils décident de rompre le silence.

« Nous avons été formés sur le terrain, nous avons contribué à la production éditoriale du journal, et pourtant, nous ne sommes même pas considérés », déclare Aminata K., stagiaire depuis 2021. Comme elle, une quinzaine de jeunes journalistes en herbe, issus de différentes promotions, affirment n’avoir reçu aucune reconnaissance formelle de leur engagement ni d’espoir d’être retenus dans les récentes vagues d’intégration à la fonction publique guinéenne.

Ce mécontentement survient dans un contexte où le gouvernement a lancé une série de mesures visant à intégrer les jeunes diplômés et professionnels qualifiés dans la fonction publique, dans le but de moderniser l’administration et réduire le chômage.

 Une marginalisation dénoncée et vécue comme une injustice

Les stagiaires ne reprochent pas seulement leur non-intégration, mais aussi le flou qui entoure leur statut. « Nous avons été recrutés sans contrat, sans encadrement clair. On nous a promis une régularisation, mais les années passent, et rien ne vient », raconte Mohamed S., un autre stagiaire. Il ajoute que leurs multiples démarches, aussi bien auprès de la direction du journal que du ministère de l’information et de la communication, sont restées sans réponse.

Certains évoquent une inégalité criante de traitement. « D’autres stagiaires dans des organes publics ont été intégrés ou au moins considérés. Pourquoi pas nous ? Sommes-nous des citoyens de seconde zone ? », interroge Mariama D., visiblement émue.

Au-delà du simple cas des stagiaires du journal Horoyah, cette situation soulève une problématique plus large : celle du flou autour des statuts précaires dans les médias publics en Guinée. Nombreux sont les jeunes formés sur le tas, sans contrat de travail, qui contribuent pleinement aux activités rédactionnelles, sans sécurité d’emploi, ni reconnaissance.

 Appels au dialogue et à la régularisation

Face à cette situation, les stagiaires du journal Horoyah lancent un appel pressant au gouvernement guinéen, en particulier au ministère de la Fonction publique. Ils demandent une prise en compte équitable de leur dossier dans les processus d’intégration en cours. « Nous ne demandons pas un traitement de faveur, mais simplement justice et équité. Nous avons fait notre preuve, et notre travail est visible chaque semaine dans les colonnes du journal », déclare un porte-parole du collectif.

Ils interpellent également les syndicats de la presse et les associations de défense des journalistes pour un appui à leur cause. Le Syndicat des professionnels de la presse privée de Guinée (SPPG), souvent en première ligne sur les questions de droits des travailleurs des médias, a été saisi selon nos informations, mais n’a pas encore officiellement réagi.

Le ministère de la Fonction publique, quant à lui, reste silencieux sur la question. Nos tentatives de contact sont restées sans réponse.

Alors que l’État continue d’annoncer de nouvelles mesures pour soutenir la jeunesse, les oubliés de Horoyah rappellent que la véritable réforme passe aussi par la régularisation de ceux qui sont déjà au service du public, même dans l’ombre.