C’est un tournant majeur dans un dossier emblématique de la lutte contre la corruption en Guinée : l’ancien président de l’Assemblée nationale, Amadou Damaro Camara, vient d’être libéré par la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) après plusieurs années de détention, marquant la fin d’un long et mouvementé processus judiciaire.
Un dossier emblématique
Amadou Damaro Camara, figure politique de premier plan et ancien dirigeant de l’Assemblée nationale guinéenne, était depuis avril 2022 sous mandat de dépôt pour des accusations de détournement de deniers publics, enrichissement illicite, blanchiment, prise illégale d’intérêts et complicité. Le montant en jeu est estimé à 15 milliards de francs guinéens, somme affectée à la construction du futur siège de l’Assemblée nationale sur le plateau de Koloma.
Le 2 décembre 2024, la CRIEF a condamné Camara à 4 ans de prison ferme et à une amende, assortie notamment de la confiscation ou mainlevée sur certains biens. En appel, le 22 mai 2025, sa peine a été réduite à 3 ans et 6 mois, ainsi que 5 millions de francs guinéens d’amende et 1 milliard de francs à verser à l’État à titre de dommages.
La libération et ses conditions
Selon des sources proches du dossier, Camara a été libéré à la fin de sa peine, sous réserve du paiement intégral des sommes dues à l’État, ce qui aurait été en voie d’être finalisé. Bien que certains médias mentionnaient une libération « imminente » à la date du 27 octobre 2025, les actes officiels n’avaient pas encore tous été publiés au moment de rédaction.
Cette libération marque une étape importante : non seulement pour Camara personnellement, mais aussi pour la justice guinéenne qui cherchait à montrer sa fermeté à l’encontre des détournements de fonds publics.
Réactions et enjeux politiques
L’annonce de la libération a suscité des réactions mitigées :
•Pour certains observateurs, c’est un signe positif que « nul n’est au-dessus de la loi » en Guinée.
•Pour d’autres, la réduction de peine, les délais de procédure et les conditions de libération montrent que la justice manque encore de transparence et d’efficacité.
Le contexte politique est particulier : Camara appartient à l’ancien régime de Alpha Condé, renversé en septembre 2021, et ce dossier s’inscrit dans une série de procédures engagées contre des figures de l’ancien pouvoir.
Les défis qui restent
La libération de Camara ne clôt pas tous les débats. Plusieurs questions restent posées :
•Le recouvrement effectif des sommes dues à l’État : l’amnistie ou les arrangements éventuels risquent de fragiliser l’image de la justice.
•L’application de peines à d’autres co-accusés, notamment ceux jugés par contumace ou encore en fuite.
•Le renforcement des mécanismes de transparence dans la gestion des fonds publics pour éviter que de tels scandales ne se reproduisent.
La fin de la détention d’Amadou Damaro Camara marque la clôture d’un chapitre judiciaire long et observé de près. Elle offre l’occasion pour la Guinée de renforcer la confiance dans ses institutions, à condition que l’exemplarité annoncée se traduise par des actes visibles. Le véritable test sera désormais la capacité de l’État et de la justice à faire respecter les condamnations, garantir le recouvrement des fonds publics et instaurer une gouvernance plus responsable.
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