C’est un récit éprouvant qui met en lumière les dérives inquiétantes de la violence en milieu scolaire. D.C.D, une jeune collégienne de Labé, victime d’une bastonnade collective infligée par ses propres camarades de classe, a décidé de rompre le silence. Reçue ce matin dans les locaux de l’OPROGEM, l’Office de protection du genre, de l’enfance et des mœurs, la jeune fille est revenue sur les circonstances de cette agression qu’elle qualifie de « guet-apens soigneusement préparé ».
Selon son témoignage, l’origine du drame remonte à une discussion privée, enregistrée à son insu. Une camarade, venue lui rendre visite à domicile, aurait volontairement orienté la conversation vers des critiques concernant d’autres élèves, tout en capturant discrètement leurs échanges à l’aide de son téléphone portable. Cet enregistrement audio, ultérieurement partagé au sein du groupe, aurait servi de prétexte pour organiser la confrontation.
Le jour des faits, alors qu’elles étaient toutes présentes au collège, les jeunes filles auraient proposé à D.C.D de quitter momentanément l’établissement pour se rendre dans la forêt de Tata, près de l’aéroport, sous prétexte d’éviter une récitation de leçons non préparée. Bien que réticente au départ, consciente de la surveillance exercée dans cette zone pour lutter contre l’absentéisme scolaire, la collégienne explique avoir fini par céder face à l’insistance de ses camarades.
Une fois sur place, le piège se serait refermé. L’enregistrement est diffusé devant le groupe, provoquant une vive altercation. Les échanges verbaux dégénèrent rapidement en violence physique. « Elles étaient sept contre moi », confie la victime, précisant que l’une des jeunes filles, appelée en renfort par téléphone, l’aurait agressée dès son arrivée.
Malgré l’intervention d’autres élèves présents sur les lieux, qui parviennent à séparer les protagonistes et à lui trouver un moyen de transport pour rentrer chez elle, D.C.D n’est pas au bout de ses épreuves. Selon son récit, ses agresseuses l’auraient suivie jusque chez elle, où une seconde attaque aurait eu lieu, cette fois dans la chambre de sa mère, absente au moment des faits. Cette nouvelle scène de violence aurait été filmée.
La jeune fille peine à comprendre cet acharnement. Elle rappelle que plusieurs de ses agresseuses sont ses camarades de classe, avec lesquelles elle partageait le quotidien scolaire, les repas et les moments de récréation. « Ce sont pourtant des amies », souligne-t-elle, évoquant une trahison d’autant plus douloureuse.
Au-delà du drame individuel, cette affaire relance le débat sur la violence entre élèves, l’usage abusif des outils numériques et la banalisation des agressions filmées. Elle pose également la question de la prévention, de l’encadrement scolaire et du rôle des familles face à ces dérives.
L’OPROGEM, saisie du dossier, devra désormais établir les responsabilités et déterminer les suites judiciaires et éducatives à donner à cette affaire, qui continue de susciter une vive émotion au sein de la communauté éducative locale.
Mariame Barry pour www.c24news.info
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