La date des scrutins législatifs et communaux est désormais connue ,affirme Amadou Baidy SALL.Les candidatures se multiplient à travers le pays. Cette effervescence démocratique est en soi un signe positif : elle traduit l’intérêt pour la gestion de la chose publique et la volonté de participer à la conduite des affaires nationales et locales. Mais au-delà du nombre de candidatures, une question essentielle mérite d’être posée : qui doit diriger et avec quelles compétences ?
Si celles et ceux qui disposent de la compétence, de la vision et de l’expertise choisissent de rester en retrait, laissant les responsabilités électives à ceux qui n’ont que l’ambition pour moteur, alors nous serons collectivement responsables des échecs à venir. La démocratie ne se limite pas à l’expression d’une ambition personnelle ; elle repose sur la capacité à transformer les attentes des citoyens en politiques publiques efficaces et durables.
La gestion publique n’est ni un terrain d’improvisation ni un espace de récompense individuelle. Elle exige rigueur, sens de l’État, compréhension des enjeux économiques, sociaux et institutionnels, ainsi qu’une réelle représentativité des populations. Administrer une commune ou siéger à l’Assemblée nationale demande des compétences en gestion, en planification, en contrôle budgétaire et en élaboration de lois adaptées aux réalités du pays. Sans cette préparation, les bonnes intentions peuvent rapidement se transformer en décisions inefficaces, voire contre-productives.
Aux intellectuels, aux cadres, aux femmes et aux hommes formés et expérimentés, le moment est venu de mesurer l’importance de leur engagement. Renoncer à participer, c’est laisser le destin collectif entre des mains parfois mal préparées. Or, lorsque l’incompétence prend le dessus, c’est le peuple qui en subit les conséquences : stagnation du développement, mauvaise gouvernance, manque d’infrastructures, chômage persistant et pauvreté accrue.
Ne pas s’impliquer, c’est aussi faire un choix. Choisir de se taire ou de rester en retrait revient à accepter que d’autres décident à notre place. Et si ces décisions s’avèrent inadaptées ou inefficaces, nous ne pourrons ignorer notre part de responsabilité. La neutralité face aux enjeux majeurs d’une nation peut, à long terme, devenir une forme de renoncement collectif.
L’heure n’est plus à l’observation distante ni aux critiques formulées en marge des institutions. Elle est à l’engagement responsable, à la participation constructive et à la mise au service de la communauté des compétences acquises au fil des années. Une démocratie forte repose sur des citoyens actifs, conscients de leurs devoirs autant que de leurs droits.
En définitive, ces élections ne doivent pas être un simple rendez-vous politique, mais un moment de réflexion nationale. Il ne s’agit pas seulement de choisir des représentants, mais de décider du type de gouvernance que nous voulons pour demain. Entre l’ambition sans préparation et la compétence au service du bien commun, le choix est déterminant. L’avenir collectif dépendra de la qualité de cet engagement.






