CRIEF : Mohamed Lamine Bangoura détaille l’origine de son patrimoine et la gestion financière de la Cour constitutionnelle

Le procès de l’ancien président de la Cour constitutionnelle, Mohamed Lamine Bangoura, s’est poursuivi ce lundi 23 février 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), sous la présidence du juge Yacouba Sylla. À la barre, l’ex-magistrat a longuement apporté des éclaircissements sur la constitution de sa fortune personnelle ainsi que sur les mécanismes de gestion financière de l’institution qu’il dirigeait.

D’entrée, Mohamed Lamine Bangoura a rappelé le cadre budgétaire de la Cour constitutionnelle, précisant que celle-ci bénéficiait d’un budget annuel de 20 milliards de francs guinéens, adopté par l’Assemblée nationale. À ce montant s’ajoutait une subvention trimestrielle de 1,2 milliard de francs guinéens, administrée par un comité de trésorerie composé du président de la Cour, du trésorier et du directeur administratif et financier.

Toutefois, l’ancien président a soutenu s’être volontairement retiré de la gestion opérationnelle de ce comité, affirmant qu’il n’intervenait que pour la validation des procès-verbaux et la signature des chèques, sans participation directe aux décisions d’exécution financière.

Abordant la question de son patrimoine, Mohamed Lamine Bangoura a indiqué être propriétaire de deux duplex situés à Nongo, dont les baux additionnels auraient généré un revenu estimé à 1,5 milliard de francs guinéens. Il a également déclaré percevoir un salaire mensuel de 75 millions de francs guinéens durant son mandat.

Par ailleurs, il a fait état de la vente d’un immeuble familial situé à Paris, précisant que ce bien appartenait à son père. S’agissant de ses investissements à l’étranger, il a déclaré avoir acquis un immeuble à Dakar entre 2018 et 2019 pour un montant de 4 milliards de francs guinéens, financé par un prêt bancaire contracté auprès d’Afriland Bank.

L’ancien président de la Cour constitutionnelle a également évoqué des biens à caractère familial, notamment des terres s’étendant de la prison de Coyah à Wonkifong, ainsi qu’un immeuble à Dubréka appartenant à son épouse et à sa belle-famille.

Concernant la gestion financière des élections, Mohamed Lamine Bangoura a expliqué avoir supervisé quatre scrutins, bénéficiant de fonds d’accompagnement estimés à 5 milliards de francs guinéens. Il a toutefois affirmé ne pas connaître l’origine exacte de certains financements, notamment les loyers ou apports directs, soulignant que son rôle, en tant que magistrat, se limitait strictement aux aspects juridiques du processus électoral.

Enfin, l’ancien magistrat est revenu sur plusieurs contrats liant la Cour constitutionnelle à des prestataires. Certains contrats, initialement évalués à 8 milliards de francs guinéens, auraient connu des réajustements au cours de son mandat, principalement liés à des augmentations de loyers prévues par les clauses contractuelles. Il a également évoqué les travaux de rénovation du siège de l’institution réalisés par l’entreprise Guicopres, incluant le renouvellement du mobilier, tout en assurant que les questions financières étaient peu débattues au sein de la Cour.

L’audience se poursuit devant la CRIEF, alors que la juridiction spéciale continue d’examiner les éléments relatifs à la gestion financière et au patrimoine de l’ancien président de la Cour constitutionnelle.

Mariame Barry pour www.c24news.info
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