À l’issue des débats, Mouctar Bah, 56 ans, commerçant de profession, a été reconnu coupable d’administration de substances nuisibles ayant entraîné la mort sans intention de la donner. La cour l’a condamné à 10 ans de réclusion criminelle, une peine inférieure aux 15 ans requis par le ministère public.
Les faits remontent à octobre 2022. Sans qualification médicale, l’accusé s’était improvisé soignant en fournissant des produits pharmaceutiques à la mère de l’enfant, censés traiter une gale sévère. Un geste lourd de conséquences, qui a conduit à l’irréparable.
À la barre, Mouctar Bah a partiellement reconnu les faits, tout en tentant de se dédouaner. Il affirme avoir recommandé un usage strictement externe des comprimés vendus. « Je lui ai dit de les mélanger à de l’huile pour application sur la peau. Jamais je n’ai conseillé une administration orale », a-t-il soutenu, rejetant la responsabilité sur la mère de la victime.
Mais ces explications n’ont pas suffi à convaincre le tribunal. Pour l’accusation, la faute est claire : en se substituant à un professionnel de santé sans compétence, le quinquagénaire a pris un risque inconsidéré, aux conséquences dramatiques.
La défense, quant à elle, a plaidé la clémence. L’avocate de Mouctar Bah a évoqué des troubles possibles des facultés mentales de son client, pointant du doigt l’incohérence de certaines déclarations et appelant à la prise en compte de circonstances atténuantes.
Malgré cela, la justice a estimé que la gravité des faits ne pouvait être ignorée. Derrière ce verdict, c’est le rappel douloureux des dangers liés à l’automédication et à l’exercice illégal de la médecine. Et surtout, le souvenir d’une vie innocente, brisée bien trop tôt.
Mariame Barry pour www.c24news.info. Tél :624988889