À l’ONU, la Guinée mise sur sa jeunesse pour bâtir un avenir durable à l’horizon 2030

New York — À la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies, le ministre guinéen de la Jeunesse et des Sports, Mamadou Cellou Baldé, a porté la voix de la Guinée en présentant une vision ambitieuse et structurée du développement national, résolument axée sur la jeunesse. Au nom du président Mamadi Doumbouya, et de l’ensemble du gouvernement, il a réaffirmé l’engagement du pays en faveur des idéaux des Nations Unies ainsi que de l’Agenda 2030 relatif aux Objectifs de Développement Durable (ODD).

Dans un discours à la fois stratégique et porteur d’espoir, le ministre a mis en lumière un atout majeur de la Guinée : sa démographie. Avec près de 80 % de la population âgée de moins de 35 ans, le pays dispose d’un potentiel humain considérable. Mais loin de se limiter à un simple constat, Mamadou Cellou Baldé a insisté sur la nécessité de transformer cette réalité en levier concret de croissance, d’innovation et de stabilité.

Au cœur de cette dynamique figure le programme « Simandou 2040 », présenté comme un pilier central de la transformation économique du pays. Ce vaste chantier repose sur une approche multisectorielle intégrant l’agriculture, l’éducation, les infrastructures, l’économie et la santé. Il s’appuie notamment sur la Loi-Programme 2026-2030, qui prévoit la mobilisation de plus de 42 400 milliards de francs guinéens. L’objectif est clair : moderniser les infrastructures, renforcer les capacités nationales et promouvoir la transformation locale des ressources, en particulier dans le secteur minier, longtemps dominé par l’exportation brute.

La jeunesse occupe une place centrale dans cette vision. Le ministre a détaillé les grandes orientations de la politique nationale qui lui est dédiée, articulée autour de quatre axes essentiels : l’insertion économique, l’accès à une éducation de qualité, la participation citoyenne et l’amélioration des conditions sanitaires. Plusieurs initiatives sont déjà en cours pour concrétiser ces ambitions. Il s’agit notamment de soutenir l’entrepreneuriat des jeunes, de réformer les systèmes de formation professionnelle pour les adapter aux besoins du marché, et d’encourager l’émergence de projets innovants, notamment dans les secteurs agricole et numérique.

Le numérique, justement, a été présenté comme un levier déterminant de cette transformation. La progression du taux d’accès à internet en Guinée favorise l’émergence d’une nouvelle génération de jeunes entrepreneurs, développeurs et innovateurs. Pour les autorités, ces jeunes ne doivent plus être perçus comme de simples bénéficiaires des politiques publiques, mais comme de véritables acteurs du changement, capables de contribuer activement à la gouvernance et à la construction d’un avenir durable.

Dans un contexte mondial marqué par de nombreux défis — changement climatique, instabilité économique, inégalités sociales — Mamadou Cellou Baldé a lancé un appel à une coopération internationale renforcée. Il a souligné l’importance des partenariats entre les États, le secteur privé et la société civile pour atteindre les objectifs fixés. Selon lui, investir dans la jeunesse, c’est investir dans la paix, la stabilité et la prospérité à long terme.

À travers cette intervention remarquée, la Guinée affiche une volonté claire : faire de son capital humain, et en particulier de sa jeunesse, le socle de son développement futur. Un pari audacieux, mais nécessaire, dans un monde en quête de solutions durables et inclusives.