Affaire Ecobank Guinée : face aux menaces de débrayage des huissiers, la CRIEF réaffirme sa fermeté et son indépendance

La Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) hausse le ton dans le dossier opposant Ecobank Guinée SA à plusieurs personnes poursuivies pour des faits présumés d’escroquerie au jugement, de faux et d’usage de faux. Dans un communiqué particulièrement documenté rendu public ce lundi 5 octobre 2026, le parquet spécial revient en détail sur les circonstances de la procédure et réaffirme sa détermination à exercer sa mission sans se laisser influencer par les pressions extérieures.

Le dossier Ecobank Guinée continue de susciter de vives réactions dans le milieu judiciaire. Après l’incarcération de Me Sory Daouda Camara et de Mandjou Sangaré, certains membres de la Chambre nationale des huissiers de justice de Guinée ont exprimé leur désapprobation et menacé d’observer un débrayage.

Face à cette montée de tension, le parquet spécial près la CRIEF a choisi de répondre par les faits et par le droit.

Dans un long communiqué publié ce lundi, l’institution judiciaire expose les différents éléments à l’origine de la procédure et apporte des éclaircissements sur les poursuites engagées. Les personnes concernées sont notamment soupçonnées de faits présumés d’escroquerie au jugement, de faux en écriture publique et authentique, d’usage de faux, d’usurpation de titre et de fonction, ainsi que de complicité.

Loin de vouloir alimenter la polémique, le parquet spécial s’attache à replacer l’affaire dans son cadre strictement judiciaire. Son argumentaire repose sur les actes de procédure et les éléments recueillis au cours de l’enquête.

Le placement sous mandat de dépôt de Me Sory Daouda Camara et de Mandjou Sangaré intervient ainsi dans un contexte où la justice entend faire toute la lumière sur les faits dénoncés dans cette affaire.

Cette position traduit, selon le parquet spécial, une volonté claire : laisser les investigations suivre leur cours et permettre à la justice de déterminer les responsabilités de chacun, dans le respect des règles de droit.

Au-delà du dossier Ecobank, le communiqué de la CRIEF revêt une portée plus large. Le parquet spécial y affirme avec force qu’il entend exercer ses prérogatives sans céder aux pressions, quelles qu’en soient l’origine ou la nature.

Une posture qui se veut à la fois ferme et institutionnelle : la justice doit pouvoir enquêter, poursuivre et décider sans être soumise aux rapports de force ni aux menaces de paralysie.

Le parquet spécial assure ainsi qu’il ne cédera à « aucune pression », réaffirmant son attachement à la loi et à l’indépendance de l’institution judiciaire.

Dans un contexte où les prises de position publiques peuvent rapidement envenimer les débats judiciaires, la démarche de la CRIEF apparaît comme une volonté de ramener la controverse sur le terrain qui doit être le sien : celui du droit, des preuves et de la procédure.

La suite de cette affaire devrait donc être particulièrement suivie, tant elle met en lumière les rapports parfois complexes entre les acteurs de la justice et les impératifs d’indépendance de l’institution judiciaire.

En exposant publiquement les faits qu’elle estime à l’origine des poursuites, la CRIEF entend manifestement faire prévaloir la rigueur de la procédure sur les passions, la force du droit sur les pressions et la vérité judiciaire sur les polémiques.

L’affaire Ecobank Guinée reste désormais entre les mains de la justice, avec une question essentielle en toile de fond : jusqu’où les institutions judiciaires pourront-elles aller dans l’exercice de leur mission face aux contestations et aux pressions corporatistes ?

Tbd pour www.c24news.info
Tél :624988889