Conakry, le 03 Février 2025 – Le procès très médiatisé du Dr Ousmane Kaba et de ses coaccusés a connu un nouveau rebondissement ce Jeudi 03 février 2025, lorsqu’il a été renvoyé au 17 février prochain par la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF). Ce report a suscité diverses réactions, notamment parmi les parties prenantes qui attendent des éclaircissements sur les charges d’abus de biens sociaux et de gestion irrégulière des fonds publics pesant sur les accusés.
Dans une interview exclusive, Maître Mohamed Traoré, avocat de la Défense, a exprimé ses préoccupations concernant les lenteurs procédurales et les difficultés liées à l’accès à certains éléments du dossier. En dépit des retards, il reste confiant quant à la capacité de sa défense à démontrer l’innocence de ses clients.
Voici l’intégralité de l’interview :
Journaliste (J) : Maître Traoré, l’audience de ce jour a été renvoyée au 17 février 2025. Quelles sont, selon vous, les raisons de ce report ?
Maître Mohamed Traoré (MT) : Le report de l’audience est principalement dû à des questions de procédure. Il y a des pièces essentielles qui n’ont pas été mises à la disposition de la défense, et nous n’avons pas eu suffisamment de temps pour analyser tous les documents nécessaires à la préparation du dossier. C’est une situation regrettable, mais elle est malheureusement assez courante dans ce genre de procès complexes. Nous espérons que d’ici février, les éléments manquants seront fournis et que le procès pourra avancer dans des conditions équitables pour toutes les parties.
En parlant de ces pièces manquantes, est-ce que cela concerne aussi des éléments cruciaux pour la défense de vos clients ?
Effectivement. Certains documents sont d’une importance capitale pour démontrer la bonne foi et l’intégrité de mes clients. Nous avons demandé à plusieurs reprises l’accès à certains rapports financiers et audits, mais il semble y avoir un manque de transparence dans la gestion de ces documents. Tant que ces éléments ne sont pas rendus disponibles, nous ne pouvons pas nous préparer efficacement pour assurer une défense solide.
Ce procès est très suivi par l’opinion publique. Quel est votre point de vue sur la manière dont l’affaire est traitée par les autorités judiciaires et les médias ?
Il est indéniable que l’affaire fait beaucoup de bruit. Cependant, il est essentiel de rappeler que toute personne est présumée innocente jusqu’à preuve du contraire. Il est important que les médias, tout comme la justice, évitent de se précipiter à faire des jugements hâtifs. L’opinion publique peut influencer la perception des choses, mais elle ne doit pas se substituer à une procédure judiciaire rigoureuse. La justice doit se faire en toute impartialité, sans pression externe.
Vous êtes avocat de la défense dans cette affaire. Quels sont les principaux arguments que vous allez avancer pour contester les accusations ?
Notre position est claire : il n’y a pas d’éléments suffisants pour accuser Dr Ousmane Kaba et ses coaccusés de malversations. Nous allons démontrer que les actions qui leur sont reprochées sont soit infondées, soit exagérées. La gestion des fonds publics dans ce dossier a été conforme aux normes, et il n’y a pas eu de détournement de fonds ou de mauvaise gestion à proprement parler. Nous comptons sur la présentation de preuves solides pour soutenir notre argumentation.
La CRIEF a joué un rôle majeur dans cette affaire. Est-ce que vous avez confiance dans le système judiciaire en place, ou pensez-vous qu’il y a des risques de politisation du dossier ?
MT : Il est difficile de nier que la CRIEF est sous les projecteurs et qu’elle opère dans un contexte où les pressions politiques sont parfois fortes. Cependant, j’ai confiance dans la capacité de nos juges à rendre une décision juste. La justice doit être rendue sans tenir compte des considérations politiques. Mais, bien entendu, nous restons vigilants et nous continuerons à défendre les droits de nos clients avec rigueur.
Que diriez-vous aux Guinéens qui suivent de près ce procès ?
Je leur dirais de garder à l’esprit que ce procès ne doit pas être perçu comme une chasse aux sorcières, mais comme un moment où la vérité doit prévaloir. Il est important de respecter la procédure et de faire confiance à la justice. À la fin de cette affaire, nous espérons que la vérité sera rétablie et que Dr Ousmane Kaba et ses coaccusés seront innocentés, comme cela devrait être le cas si les faits sont examinés de manière impartiale.
Le procès de Dr Ousmane Kaba et de ses coaccusés continue donc de faire débat, avec des attentes croissantes tant du côté des accusés que de l’opinion publique. À mesure que l’audience du 17 février se rapproche, les yeux seront rivés sur les développements judiciaires et sur l’impact que cette affaire pourrait avoir sur l’image de la CRIEF et la confiance des Guinéens dans le système judiciaire.
M Bachir Baldé Pour c24news.info
- Investiture du Président Mamadi Doumbouya : une mobilisation historique au stade de Nongo - janvier 17, 2026
- Participation citoyenne exemplaire à Labé : Thierno Mamadou Nassirou Diallo accomplit son devoir civique - décembre 28, 2025
- Le ministre Laye Sékou Camara élevé au rang de citoyen d’honneur de Labé par le Khalife du Foutah - décembre 25, 2025






