Affaire de la bastonnade filmée à Labé : deux jeunes femmes face à la justice, entre aveux, regrets et douleur de la victime

Après l’audition à huis clos de sept prévenues mineures, dont un garçon, le tribunal de première instance de Labé a poursuivi ce mardi l’examen de l’affaire de la violente agression filmée et diffusée sur les réseaux sociaux. Hadja Kadiatou Barry et Ramatoulaye Bah ont comparu publiquement, poursuivies pour violences volontaires, diffusion de données à caractère personnel et atteinte à la dignité humaine. Le parquet a requis une peine d’un an de prison contre chacune d’elles, avec des modalités différentes.

Des prévenues reconnaissantes, marquées par les images devenues virales
À la barre, les deux jeunes femmes n’ont pas contesté les faits. Confrontées aux images de la bastonnade largement relayées en ligne, elles ont exprimé leurs regrets, évoquant la honte et le poids des conséquences.

Ramatoulaye Bah, 19 ans, présentée comme l’auteure principale des violences, a expliqué avoir agi sous l’emprise de la colère. « J’ai frappé K.C.D. aux Sapins parce que nous avions appris qu’elle parlait mal de nous. Après cela, nous sommes allées chez elle pour demander pardon, mais la colère m’a reprise et je l’ai encore frappée », a-t-elle reconnu, la voix chargée de remords. Niant être à l’origine de la vidéo, elle a affirmé que les images avaient été filmées par deux de ses amies avant d’être publiées par un certain Oumar Barry. « J’aurais dû m’adresser à ses parents. J’ai honte de ce que j’ai fait et je demande pardon à la victime et à sa famille », a-t-elle ajouté.

Hadja Kadiatou Barry, de son côté, a admis avoir filmé la scène, tout en minimisant son implication directe. Elle a expliqué que le différend trouvait son origine dans un enregistrement audio réalisé à l’insu de la victime et partagé sur WhatsApp. « Nous voulions régler le problème à l’amiable, mais la situation a dégénéré. Quand Rama s’est à nouveau jetée sur elle, j’ai filmé. Je reconnais aussi lui avoir tiré les cheveux. Je présente mes excuses », a-t-elle déclaré.

Appelée à s’exprimer, K.C.D. a livré un récit glaçant du calvaire qu’elle dit avoir subi. Contestant toute accusation de diffamation, elle a décrit un véritable guet-apens. « Elles étaient mes camarades de classe. Nous partagions des secrets. On m’a convaincue d’aller aux Sapins contre mon gré. Une fois sur place, Rama s’est jetée sur moi avec l’aide des autres. Des jeunes ont dû intervenir pour nous séparer », a-t-elle raconté.

Pensant à une réconciliation, la victime a ensuite vu ses agresseuses débarquer chez elle. « Elles disaient vouloir s’excuser, mais la violence a repris. Pendant que j’étais battue, certaines filmaient. La vidéo a circulé sur WhatsApp avant d’être publiée sur Facebook », a-t-elle poursuivi, visiblement éprouvée.

À l’issue des débats, le tribunal a procédé à une requalification partielle des faits, transformant l’infraction de coups et blessures volontaires en violences volontaires et voies de fait. En revanche, les accusations de diffusion de données à caractère personnel et d’atteinte à la dignité humaine ont été maintenues.

Dans ses réquisitions, le procureur a sollicité une peine d’un an d’emprisonnement ferme à l’encontre de Hadja Kadiatou Barry, estimant que le fait d’avoir filmé et mis à disposition les images constituait une atteinte grave à la dignité de la victime. Pour Ramatoulaye Bah, il a requis un an de prison assorti de sursis pour les violences physiques.

Le verdict est attendu ce mercredi 4 mars. S’agissant des prévenues mineures, la décision restera confidentielle, conformément aux dispositions légales relatives à la protection de l’enfance et au principe du huis clos.

Mariame Barry pour www.c24news.info
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