Dans le cadre de la lutte contre l’insalubrité et de la recherche de solutions durables pour la gestion des déchets, les autorités guinéennes ont reçu en audience des partenaires internationaux spécialisés dans le financement et la mise en œuvre de projets industriels à fort impact. Il s’agit notamment des cabinets David Haig Associates et Sovereign Mandate Partners Ltd, venus présenter une technologie innovante visant à transformer les déchets en ressources énergétiques et agricoles.
Au cœur de cette rencontre figurait un projet pilote envisagé dans la capitale, Conakry. Ce programme prévoit, dès sa première phase, le traitement quotidien de 14 tonnes de déchets plastiques, avec pour objectif de produire environ 6 730 litres d’essence, 3 921 litres de gasoil, ainsi que de la paraffine et d’autres sous-produits valorisables. Une telle initiative, si elle est mise en œuvre, pourrait contribuer à réduire la dépendance aux importations de carburant tout en apportant une réponse concrète à la gestion des déchets urbains.
Une innovation qui dépasse la production de carburant
Au-delà de la transformation des déchets en hydrocarbures, l’un des aspects les plus innovants du projet réside dans la production d’engrais à partir des résidus traités. Cette dimension agricole pourrait représenter une avancée majeure pour le pays, où l’accès aux fertilisants demeure un enjeu crucial pour la productivité des exploitations.
La technologie proposée permettrait également de réduire jusqu’à 95 % le volume des déchets, tout en générant de l’énergie pouvant atteindre 2,5 mégawatts pour 100 tonnes de déchets traités. Les matériaux résiduels pourraient, quant à eux, être réutilisés dans les secteurs du ciment, de l’asphalte ou encore de l’agriculture, s’inscrivant ainsi dans une logique d’économie circulaire.
Un projet à déploiement rapide
L’un des atouts majeurs de cette initiative réside dans la rapidité de sa mise en œuvre. L’unité industrielle étant déjà disponible, son installation en Guinée pourrait intervenir dans un délai de 45 jours après la signature des accords nécessaires. Une telle célérité est perçue comme une réponse immédiate à l’urgence sanitaire et environnementale que représente l’accumulation de déchets dans plusieurs quartiers de la capitale.
Le projet devrait être structuré selon le modèle BOT (Build-Operate-Transfer), un mécanisme qui permet à l’investisseur de financer et d’exploiter l’infrastructure pendant une période déterminée avant de la transférer à l’État. Deux phases d’extension sont également envisagées afin d’augmenter progressivement la production d’hydrocarbures, de développer une filière nationale d’engrais et de consolider une économie circulaire durable en Guinée.
Une priorité gouvernementale : assainir les villes
Lors de cette audience, les autorités ont réaffirmé que la lutte contre l’insalubrité constitue une priorité majeure de l’action gouvernementale. La transformation des déchets en ressources économiques est désormais perçue comme un levier stratégique pour améliorer le cadre de vie des populations, réduire la pollution et créer de nouvelles opportunités d’emplois.
À l’issue des échanges, les équipes techniques ont été mandatées pour entamer l’élaboration d’un projet de contrat, première étape vers la concrétisation de ce partenariat. Si le projet aboutit, il pourrait marquer un tournant dans la gestion des déchets en Guinée, en faisant de ce qui était autrefois une source de nuisance un moteur de développement économique et industriel.
En misant sur des solutions technologiques innovantes et sur la coopération avec des partenaires internationaux, le pays entend ainsi poser les bases d’une économie circulaire souveraine, capable de transformer ses défis environnementaux en opportunités de croissance durable.






