Dans un communiqué publié le 6 septembre 2026, le collectif des avocats d’Algassimou Diallo hausse le ton. La défense conteste les conditions dans lesquelles son client aurait été transféré à la maison d’arrêt de Macenta et exige des garanties immédiates sur sa détention, son intégrité physique ainsi que le fondement juridique de cette décision.
Le transfert d’Algassimou Diallo à la maison d’arrêt de Macenta, annoncé par la Direction nationale de l’Administration pénitentiaire et de la Réinsertion, suscite une vive contestation de la part de sa défense.
Selon le collectif des avocats, l’information aurait été apprise par le biais d’une publication diffusée sur les réseaux sociaux, et non par une notification officielle adressée à la famille ou aux conseils du détenu. Une situation que la défense juge particulièrement préoccupante, d’autant plus que les autorités judiciaires interrogées la veille auraient indiqué ne disposer d’aucune information sur le lieu de détention de l’intéressé.
La défense alerte sur la sécurité du détenu
Le collectif se montre particulièrement ferme sur l’absence de contact direct avec son client depuis l’audience du 4 septembre 2026.
Les avocats rappellent qu’Algassimou Diallo était apparu en bonne santé lors de cette audience, mais affirment que, depuis lors, « nul ne l’a vu ni entendu ». Pour la défense, cette absence de vérification directe constitue un motif sérieux d’inquiétude concernant sa vie, sa sécurité et son intégrité physique.
Plus encore, les avocats estiment qu’à ce stade, aucun élément concret ne permettrait de confirmer de manière indépendante qu’Algassimou Diallo se trouve effectivement à la maison d’arrêt de Macenta.
Ils exigent donc que la réalité de cette détention soit établie sans délai.
Un transfert jugé juridiquement contestable
Au-delà de la question de la localisation du détenu, le collectif met directement en cause la justification avancée pour expliquer son transfert.
Selon les avocats, la seule référence à la « gestion administrative des établissements pénitentiaires » ne saurait, à elle seule, légalement justifier une mesure qui éloigne leur client de la juridiction appelée à statuer sur son dossier.
La défense s’appuie notamment sur les dispositions du Code de procédure pénale, qu’elle invoque pour rappeler que la détention provisoire doit être organisée à proximité de la juridiction concernée et que les décisions des magistrats doivent pouvoir être exécutées dans les établissements pénitentiaires.
Elle invoque également le principe selon lequel les personnes détenues doivent bénéficier de toutes les facilités nécessaires à l’exercice effectif de leurs droits de la défense.
Pour le collectif, la question est donc clairement posée : une décision administrative peut-elle avoir pour conséquence de placer un accusé à plusieurs centaines de kilomètres de la juridiction devant laquelle il doit comparaître, alors même qu’une audience est imminente ?
Plus de 700 kilomètres de Conakry à la veille d’une audience décisive
Le contexte du transfert renforce, selon les avocats, leurs interrogations.
Algassimou Diallo aurait été transféré le 5 septembre, soit au lendemain de l’audience du 4 septembre. Or, les chambres réunies de la Cour suprême doivent siéger à Conakry le mardi 8 septembre 2026 pour examiner la demande de renvoi formulée par la défense.
Le détenu se retrouverait ainsi à plus de 700 kilomètres du siège de la juridiction devant laquelle il est appelé à comparaître.
Pour ses avocats, cet éloignement soulève nécessairement la question de la compatibilité du transfert avec les exigences d’une justice effective et avec les droits de la défense.
Face à cette situation, le collectif formule plusieurs demandes précises.
Il réclame en premier lieu la production d’un extrait du registre d’écrou permettant d’établir officiellement la présence d’Algassimou Diallo à la maison d’arrêt de Macenta.
La défense demande également que sa famille et ses avocats puissent lui rendre visite afin de constater directement son état de santé et ses conditions de détention.
Elle exige, par ailleurs, que le fondement légal du transfert soit communiqué à la défense.
Enfin, les avocats demandent le rapatriement de leur client à Conakry, afin qu’il puisse comparaître devant la Cour suprême à la date prévue, le 8 septembre 2026.
À travers ce communiqué, le collectif des avocats entend manifestement déplacer le débat sur le strict terrain juridique : celui de la légalité du transfert, de la protection du détenu et du respect des droits de la défense.
La défense ne se contente donc pas de contester la manière dont le transfert a été annoncé. Elle demande que l’administration pénitentiaire justifie juridiquement sa décision et apporte des éléments vérifiables sur la situation de l’accusé.
À deux jours de l’audience annoncée devant les chambres réunies de la Cour suprême, la controverse autour du transfert d’Algassimou Diallo risque ainsi de devenir un nouvel enjeu majeur de la procédure.
Pour ses avocats, une chose est claire : la détention d’un accusé ne saurait relever du seul fait administratif. Elle demeure encadrée par la loi, placée sous le contrôle de l’autorité judiciaire et indissociable du respect des droits de la défense.
Laye camara pour www.c24news.info
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