Ce dimanche 28 décembre 2025 restera une date charnière dans l’histoire politique de la République de Guinée. Après plusieurs années de transition, les citoyens guinéens sont appelés aux urnes pour élire leur Président de la République. Neuf candidats sont engagés dans cette course décisive, dont le Dr Faya Millimouno, président du Bloc Libéral.
Le candidat a accompli son devoir civique dans son quartier d’Enta Fassa, situé dans la commune de Tombolia, à Conakry. Il a voté au bureau numéro 2 du centre de l’école primaire Koichiro Matsuura, a constaté Guineematin.com sur place.
À sa sortie du bureau de vote, le leader du Bloc Libéral s’est exprimé devant la presse. Dans une déclaration sans détour, il a livré ses premières impressions sur le déroulement du scrutin, évoquant une mobilisation encore faible dans la matinée.
« Je ne vois pas encore tellement d’engouement. J’espère que cela va évoluer au fil de la journée. J’ai voté, et vous savez bien pour qui j’ai voté », a-t-il lancé avec un sourire teinté de gravité.
Classé quatrième lors de l’élection présidentielle de 2015, Dr Faya Millimouno se montre toutefois inquiet quant aux conditions d’organisation du scrutin dans plusieurs localités du pays. Selon lui, des dysfonctionnements sérieux et des actes de pression auraient été signalés dès les premières heures du vote, visant notamment les militants et délégués de son parti.
Il affirme que, dans certaines préfectures de l’intérieur du pays, les démembrements de la Direction Générale des Élections (DGE) ont imposé des exigences non prévues par le code électoral, notamment le visa obligatoire des ordres de mission des délégués par les directeurs préfectoraux des élections, à moins de 24 heures du scrutin.
« À Guéckédou, il y a plus de 400 bureaux de vote. Multipliez cela par les neuf candidats et vous comprendrez l’ampleur de l’absurdité de cette exigence », a-t-il expliqué.
Face à cette situation, Dr Millimouno indique avoir personnellement saisi la Directrice Générale des Élections, dont l’intervention aurait permis de débloquer le problème. Il met néanmoins en cause le Secrétaire général de la préfecture de Guéckédou, qu’il accuse de zèle excessif et d’avoir ordonné des interventions des forces de sécurité pour interrompre des activités non politiques impliquant des responsables de son parti.
D’autres incidents ont également été signalés à Conakry, notamment à Gbessia Port 2, où un délégué du Bloc Libéral aurait été expulsé d’un bureau de vote pour des motifs similaires. À Yomou, au collège Inda, le candidat dénonce un fait plus grave encore : le président d’un bureau de vote aurait orienté les électeurs dans leur choix en faveur du candidat Mamadi Doumbouya, avant d’exclure le délégué du Bloc Libéral qui s’y opposait. Des situations comparables auraient été observées à Bolodou.
Face à ces irrégularités, Dr Faya Millimouno assure que son parti restera vigilant tout au long de la journée.
« Nous organiserons des points de presse toutes les deux heures pour documenter toutes les dérives constatées. Nous n’accepterons pas que n’importe quoi se fasse au cours de cette élection », a-t-il averti.
Alors que la Guinée s’engage dans un moment décisif de son histoire démocratique, ces déclarations jettent une ombre sur le bon déroulement du scrutin et placent les autorités électorales face à leurs responsabilités. Les prochaines heures s’annoncent déterminantes.
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